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Billets d'humeur

Neutralité carbone : un long chemin mais de formidables opportunités de création de valeur actionnariale

Dans notre billet d’humeur #14 daté du 6 mai 2020, nous partagions notre optimisme quant à la capacité des pays membres de l’UE à trouver un accord pour le financement du Fonds de Relance. Ce dernier sera bien doté de 750 milliards € et les modalités d’attribution de ces fonds intègrent une part de solidarité, ce qui mérite d’être salué. Nous voyons un autre élément majeur de cet accord à mettre en évidence : d’ici à 2027, ce ne sont pas moins de 550 milliards € qui seront alloués par l’Europe pour atteindre la neutralité carbone. 

Ces fonds seront alloués sous trois conditions : les programmes nationaux de relance devront être validés à la majorité qualifiée des 27, le respect de l’état de droit et les projets financés devront être en phase avec l’objectif de réduction des émissions de gaz à effets de serre (GES) en 2030 et avec l’objectif de neutralité climatique en 2050. Pour rappel, les pays de l’UE avaient déjà comme objectif de réduire en 2020 leurs émissions de 20% vs 1990 et, d’ici 2030, ils devront les avoir réduites de 40 %. 

L’UE s’est ainsi doté d’un outil qui lui permettra de forcer chaque pays membre à faire de l’Europe le premier continent à atteindre la neutralité carbone. Sans compter les plans d’investissements prévus par chacun des États, indépendamment de tout financement européen. Ils seront nécessaires puisque la Commission Européenne a évalué à 470 milliards € le manque d’investissement annuel pour atteindre les objectifs de réduction de GES 2030 … Les sommes en jeu sont importantes et représentent, n’en doutons pas, des opportunités de création de valeur phénoménale. A contrario, certaines technologies sont amenées à disparaître et verront leur valeur ramenée à zéro.    

Il est admis que 75 % des émissions de carbone européennes proviennent de quatre secteurs : les transports, la production d’électricité, l’industrie et les bâtiments (principalement leur chauffage). 10% autres sont émis par l’agriculture et donc pour l’alimentation. Ce sont ces secteurs qui subiront les plus grandes transformations ; sur les six évolutions probables de l’économie post-Covid que nous avons identifiées dans notre Billet d’Humeur #21 du 23 juillet 2020, quatre sont directement liées à ces industries ou au « Green Deal » : la mobilité, la prise de conscience environnementale, la relocalisation industrielle et le bien-être.   

Au-delà de l’Europe, un « green deal » global se dessine. Le candidat démocrate américain Joe Biden s’est engagé au développement d’un secteur électrique sans émission carbone d’ici 2035 et à dépenser 2000 milliards $ au cours de son premier mandat pour lutter contre le changement climatique. Certes, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, mais notre sentiment est que le temps de l’action est venu. Sans compter que les entreprises donneront l’exemple : la semaine dernière un groupe de 285 sociétés, regroupées au sein de la Transform to Net Zero Initiative dont MICROSOFT, NIKE, ou UNILEVER ont déclaré viser un niveau de zéro émission nette en 2050.

Faisons-leur confiance pour en retirer de la valeur, qui profitera in fine aux actionnaires.

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