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Billets d'humeur

Ne pas écouter les prophètes de malheur boursier

On le sait depuis aussi longtemps que l’information existe, les médias parlent rarement des trains qui arrivent à l’heure, mais sont friands d’informer sur les dangers qui menacent. Il en va de même du regard que portent les experts des marchés financiers sur les actions. Cela fait des années qu’ils annoncent la fin du cycle haussier des actions, il est vrai le plus long de l’histoire si l’on met entre parenthèses la cassure provoquée par la pandémie. Ces prophètes de malheur dressent un inventaire à la Prévert des risques qui nous entourent, que ceux-ci soient d’ordre climatique, militaire, terroriste, sanitaire ou économique.

Force est de reconnaître que ceux-ci, et bien d’autres encore exprimés par le passé, n’ont pas entamé la marche en avant des bourses. La prise en compte du temps long apporte un éclairage particulier. L’évolution de la taille des marchés d’actions mesurée par leur capitalisation boursière, est caractérisée par une courbe en U, élevée entre 1870 et 1910 et à nouveau depuis la fin du vingtième siècle, avec une longue phase de dépression entre les deux.

Mais les deux hausses n’ont pas les mêmes ressorts. Celle du début du siècle dernier a été nourrie essentiellement par l’apport de nouveaux capitaux à l’occasion d’introductions en bourse et d’augmentations de capital des sociétés cotées, tandis que celle entamée depuis la fin des années 1980 est essentiellement le fait de la hausse des cours. De telle sorte que le ratio des capitalisations boursières aux PIB respectifs des plus grands pays par la taille de leurs marchés d’actions est passé de 0,2 au début des années 1980 à environ 1 aujourd’hui. Malgré les corrections boursières des années 2000 et 2008-2010, ce ratio est devenu trois fois supérieur à ce qu’il était pendant la plus grande partie du 20ième siècle. Ceci est vrai du marché américain comme des autres marchés. Ainsi, pour le marché financier français, le ratio moyen de la capitalisation boursière au PIB du pays avait une moyenne de 0,6 entre 1880 et 1914, redescendue à 0,2 entre 1960 et 1990, et de plus de 0,7 depuis. De même en va-t-il des 17 plus grandes économies où la hausse spectaculaire de leurs marchés depuis la fin des années 1980 est particulièrement persistante.

Loin de nous l’idée d’affirmer que le niveau qu’ils ont atteint constitue un plateau permanent, pour employer l’expression malheureuse d’un des plus éminents économistes du vingtième siècle, Irving Fisher, à propos du niveau des cours atteint par les actions américaines à la veille du krach de 1929. En tous les cas, aucune période de hausse des marchés dans l’histoire financière n’a duré aussi longtemps que cette chevauchée fantastique des trente dernières années. Sans doute celle-ci est-elle la traduction patrimoniale d’un certain nombre de phénomènes disruptifs déjà évoqués dans nos précédents billets d’humeur, et qui font travailler la poutre boursière. On n’est donc pas au crépuscule des marchés d’actions régulièrement annoncé par les prophètes de malheur.

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