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Billets d'humeur

Le niveau d’endettement mondial est-il si inquiétant?

Le très sérieux Institute of International Finance de Washington vient de publier un certain nombre de statistiques susceptibles de donner le tournis. L’endettement mondial (public et privé) aurait atteint un niveau record de 296.000 milliards $ à fin juin 2021, comparé à 270.900 milliards $ un an plus tôt, avec une prépondérance de la dette des états. Ce montant représente 353% du PIB mondial, en hausse de près de 10% par rapport à la période pré-pandémie.

Le sujet de l’impact potentiellement dangereux de la dynamique de l’endettement sur les perspectives économiques est évoqué régulièrement, mais il est largement occulté, en tous cas il n’est pas adressé. C’est comme si le fameux théorème de Modigliani-Miller quant à la neutralité du niveau d’endettement des entreprises sur leur valorisation avait diffusé auprès des investisseurs qui l’appliqueraient à la sphère publique. D’où leur relative indifférence au niveau atteint par l’endettement mondial, aucune panique ne s’étant effectivement produite sur les marchés financiers.

Historiquement, cinq méthodes ont été employées pour réduire l’endettement des États, certaines particulièrement sévères, comme les politiques d’austérité. Encore plus violent est la faillite de l’État, qui donne lieu à une restructuration financière drastique comme l’illustre le sauvetage de la Grèce pendant la crise de l’euro en 2011. Une autre raison pour laquelle les investisseurs gardent une certaine sérénité est, curieusement, qu’ils ont de la mémoire. L’histoire financière du 20e siècle montre que l’évolution de l’endettement des nations peut aller dans les deux sens : augmenter comme on l’observe à partir des années 1980, mais aussi diminuer, comme ce fut le cas à la suite de la seconde guerre mondiale. D’un niveau de plus de 90 %, le ratio d’endettement au PIB mondial baissa régulièrement après la guerre pour revenir à 30% à la fin des années 1970. La croissance économique est pour beaucoup dans cette évolution ; mais l’inflation et la répression financière y ont aussi contribué. La répression financière requiert essentiellement deux ingrédients, une dose significative d’inflation et des taux d’intérêt plafonnés inférieurs au taux d’inflation. Elle correspond à un transfert de richesse des créanciers vers les débiteurs. C’est la stratégie implicite mais très atténuée poursuivie par les banques centrales, avec des taux d’intérêt les plus bas possible et proches de zéro, voisins du taux d’inflation.

Il y a enfin la croissance économique, tout simplement, à l’origine des fameuses trente glorieuses en France. Et si le scénario d’une diminution naturelle et progressive de l’endettement mondial devait perdurer grâce à une croissance économique élevée et des taux d’intérêt et d’inflation faibles ? La première résulterait des progrès de productivité provoqués par les innovations technologiques, qui impactent directement ou indirectement tous les domaines d’activité. L’autre serait la conséquence des perspectives démographiques de vieillissement des populations et d’une répartition inégalitaire des revenus, qui tirent les taux d’intérêt et les taux d’inflation vers le bas. Dans un tel scénario, le niveau d’endettement mondial n’est pas si inquiétant.

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