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Billets d'humeur

Opportunités dans l’univers du paiement

Le paiement de nos achats évolue rapidement et profondément ; cette tendance a permis la création d’une industrie qui offre de belles opportunités boursières.

La crise du COVID-19 a aussi accéléré la transformation de notre manière de consommer et donc de régler nos achats. Les pièces et billets, qui représentaient en 2018 encore 75% des paiements au niveau mondial, sont désormais vus comme un vecteur de transmission du virus. Les retraits aux distributeurs automatiques diminuent, tout comme le volume de transactions dans les magasins physiques, conformément aux mesures d’hygiène édictées depuis le déconfinement. Dans le même temps, la consommation en ligne progresse fortement et s’impose progressivement comme un standard, y compris auprès de populations peu enclines a priori à l’adopter. Fin 2019, avant même le confinement, la Fédération du E-commerce et de la Vente à Distance (FEVAD), relevait que 40 millions de français avaient acheté en ligne en 2019, pour un montant de 103 milliards d’euros, soit 12% de plus qu’en 2018 et 100 fois plus qu’il y a 20 ans. Ces 103 milliards pèsent 10% du commerce de détail en France, ce qui revient à dire que 1 euro sur 10 dépensés auprès de commerçants par les français l’est depuis un ordinateur ou un téléphone…  

D’un certain point de vue, la crise sanitaire actuelle vient opportunément soutenir une démarche peu populaire et liberticide engagée par de nombreux Etats, notamment européens, visant à restreindre l’utilisation du cash et à favoriser la dématérialisation des transactions afin de lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. Ainsi, la Banque de France mesure que les paiements en espèces ont diminué de 13% en France entre 2012 et 2019 avec une forte accélération depuis deux ans. La Directive européenne dite PSD2, entrée en vigueur en septembre 2019, traduit cette politique. Elle vise à élever considérablement les standards de sécurité des paiements dématérialisés et à remettre en cause le monopole dont disposaient les banques sur l’accès aux comptes bancaires de leurs clients. Certaines d’entre elles, prenant conscience de la complexité réglementaire et perdant rapidement des parts de marché, ont décidé de jeter l’éponge et de vendre leur activité ou de les sous-traiterà des spécialistes du paiement. Ce qui a permis l’émergence de nouveaux acteurs, dont le français Worldline, qui vient par ailleurs d’acquérir Ingenico, et le hollandais Adyen qui a su convaincre en quelques années les plus grandes marques mondiales (Uber, Netflix, Nike, L’Oréal, Spotify, eBay…) de lui confier le traitement de leurs encaissements internationaux. 

Des géants se créent et offrent de très belles opportunités pour tout investisseur à la recherche de sociétés innovantes et en croissance. Le virage en cours du paiement en espèces vers l’électronique et du paiement « offline » (comprendre en magasin) vers le « online » (par exemple le e-commerce) est l’une des thématiques de croissance à long terme que nous estimons les plus convaincantes chez J. DE DEMANDOLX GESTION. Nous croyons fermement à cette transformation et aux bénéfices qu’apportent ces nouvelles solutions tant aux utilisateurs qu’aux marchands. C’est pourquoi nous détenons de nombreux acteurs tel qu’Adyen, Edenred, Paypal, Visa et Worldline qui se sont magnifiquement comportés en bourse cette année. Il convient toutefois de rester vigilants : le scandale financier de l’été est arrivé par l’allemand Wirecard, star déchue de cette industrie, nous rappelant l’importance d’une analyse multicritères poussée et sans concession.  

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