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Billets d'humeur

La hausse des bourses portée par la confiance et l’espoir

A la grande surprise de maints observateurs et, parfois aussi en dépit de leur indignation, les bourses poursuivent leur marche en avant, laquelle suscite à nouveau la crainte d’une bulle boursière. Ils ne s’expliquent pas en effet comment le marché américain des actions a vu ses indices progresser de près de 10% depuis le début de l’année et la prise de fonction de Joe Biden, alors même que celui-ci s’est engagé à augmenter le taux d’imposition à la fois des plus-values des particuliers et des bénéfices des sociétés. Mais cette hausse des bourses ne serait-elle pas plutôt la marque d’un autre dyptique que celui de l’indignation et de la surprise, celui de la confiance et de l’espoir ?

Elle traduirait d’abord la confiance née du rejet d’un certain nombre de pratiques regroupées sous le vocable de consensus de Washington, complété par la « théorie du ruissellement ». Selon celle-ci, les plus riches, en réinjectant dans l’économie leurs revenus par leur consommation et leurs investissements, seraient un moteur de la croissance dont profiterait l’ensemble de la société, y compris les plus modestes. C’est ce postulat du ruissellement qui semble être battu en brèche auprès d’une part croissante de l’opinion publique, avide de remèdes contre des inégalités qui lui sont devenues insupportables. Dans cet environnement, et pour rétablir la confiance, il convient de rendre le système plus juste en même temps que plus efficace. C’est l’objectif des trois programmes massifs de dépenses publiques consacrés à la fois aux infrastructures et à la réduction des inégalités annoncés par Joe Biden, et financés par des hausses d’impôt, mais somme toute, modérées.

La hausse des bourses traduit en second lieu l’espoir d’une augmentation durable de la productivité et donc de la croissance économique. On connait la thèse de la stagnation séculaire théorisée par son nouveau grand prêtre, Robert Gordon, pour lequel la plupart des fruits de l’innovation auraient déjà été cueillis. Celui-ci vient de réviser à la hausse ses estimations de croissance à long terme de l’économie américaine du fait que les innovations liées à la pandémie, mais pas seulement, sont susceptibles de doper durablement la croissance économique tout en enrayant les tensions inflationnistes. Ce mouvement, porteur d’une foultitude d’innovations, est loin d’être terminé. Il concerne une grande variété de domaines technologiques, si l’on en croit une étude toute récente du McKinsey Global Institute. Celle-ci, effectuée à partir des données financières de plus de 4000 entreprises américaines, faisait état d’une augmentation de leurs dépenses technologiques de 75% entre 2020 et 2024, contre seulement 55% centre 2014 et 2019.

La confiance dans un resserrement du tissu social et l’espoir d’une augmentation significative de la productivité par l’innovation sont les deux ingrédients d’une croissance mieux répartie, plus élevée et plus durable. Ainsi, une nouvelle et improbable arche d’alliance est en train de se dessiner ayant pour piliers deux des géants, souvent opposés, de la pensée économique du XXième siècle, Keynes et Schumpeter. C’est elle qui entraîne la hausse des marchés boursiers.

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