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Billets d'humeur

La chasse aux monopoles : un combat sans fin…

Si elle devait se confirmer, la nomination de Lina Khan en tant que commissaire de l’agence américaine de la concurrence (FTC) serait un nouveau signe de la volonté du gouvernement démocrate américain d’en découdre avec les majors de la Silicon Valley. Cette jeune juriste de 32 ans, professeur à la faculté de droit de Columbia, est en effet connue pour ses prises de positions dures à l’égard de ces sociétés communément appelées les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) auxquelles il est reproché leurs positions concurrentielles hégémoniques : dans la recherche et la publicité en ligne pour Google, dans les réseaux sociaux et la capacité qu’ils offrent en termes de commerce en ligne pour Facebook par exemple.

Cela fait plusieurs années que l’administration américaine, républicaine hier, démocrate aujourd’hui, cherche à freiner l’expansion de ces groupes mais cela n’a en réalité rien de nouveau : souvenons-nous des démêlés judiciaires de Microsoft au début des années 1990 ou de l’interminable feuilleton des années 1970 contre IBM. Ce dernier ne s’en est d’ailleurs jamais totalement remis et a dû déléguer à d’autres sociétés, comme Microsoft justement, ou encore Intel le soin de développer certains pans de l’industrie naissante de la micro-informatique comme les logiciels d’exploitation ou les puces. Plus loin de nous encore, dans les dernières années du XIXème siècle, le juriste sénateur John Sherman et le Président Théodore Roosevelt ont livré une bataille féroce contre les conglomérats industriels et ferroviaires. Si les considérations politiques ne sont jamais loin (on cherche évidemment à éviter la création d’états dans l’Etat), c’est toutefois sous l’angle de la protection de l’intérêt du consommateur que ces batailles ont toujours été menées : grâce aux positions qu’elles ont acquises, certaines compagnies se trouvent en situation de pouvoir influencer fortement les prix de vente par absence de concurrence. Ce point s’entend aisément et combattre de telles situations relève de la bonne politique.

Mais il est intéressant de noter que ces chasses aux sorcières se produisent toujours dans un contexte de forte innovation technique telles que la machine à vapeur, la miniaturisation électronique et le développement de la capacité de calcul… Leur utilisation à l’échelle industrielle requiert de gros investissements et la nécessité de vendre en grandes quantités des produits nouveaux pour abaisser autant que possible le coût marginal de production. C’est donc un rapport de force perpétuel entre des industriels prenant des risques et cherchant légitimement à dresser des barrières à l’entrée pour protéger leur marché d’une part, des consommateurs attirés par des biens et services améliorant leur quotidien et désireux de voir leur prix baisser d’autre part et le politique enfin, qui doit composer avec un calendrier qui lui est imposé et veiller à ce que cet équilibre offre/demande se fasse au bon rythme et dans le respect des intérêts de chacun.

A ce jeu, il fait peu de doutes que les entrepreneurs et les entreprises qu’ils créent seront toujours les plus agiles. Leur capacité à rendre indispensables des besoins que nous n’imaginions même pas une décennie auparavant, à s’adapter aux réglementations toujours plus nombreuses et à composer avec les difficultés quotidiennes ne peut que contraindre le pouvoir politique à réagir avec retard… Donc avec violence. Nous ne sommes évidemment pas capables de prévoir l’issue des batailles à venir, si elles ont lieu ; mais il nous appartiendra d’identifier les sociétés dirigées par des hommes et des femmes capables de gérer ces situations, voire d’en tirer profit. Car, à la fin, c’est l’entreprise qui l’emportera, soutenue par le consommateur éternellement insatisfait que nous sommes !

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