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Billets d'humeur

La chasse au record est ouverte !

L’histoire qui suit remonte à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre : le 4 septembre 2000, rassuré par l’absence de bug informatique généralisé, le CAC40 clôturait à 6922 points après avoir coté 6944,77 en séance. On réglait encore ses achats en francs, sauf en bourse justement, puisque les actions françaises cotaient en euros depuis début 1999. Ce record est désormais en ligne de mire : l’indice parisien se situe 5% sous ses niveaux d’antan, à 6600 à l’heure où nous écrivons. Si proche…

Appréhendés stricto sensu, ces chiffres pourraient laisser penser que deux décennies ont été perdues et que le rally de ces derniers mois a épuisé le potentiel de notre indice tricolore. Certes, les vingt ans qui viennent de s’écouler ont été chahutés, les crises boursières se sont succédé (2000, 2008, 2011, 2020) au point qu’il est peu probable que l’investisseur ayant constitué un portefeuille d’actions cotées en 2000 s’en glorifie aujourd’hui. Notre lecture est pourtant différente pour au moins trois raisons. Tout d’abord, ne faisons pas de France bashing : l’indice parisien n’est pas le seul à naviguer autour de ses records de l’an 2000 ; l’EuroStoxx300 est sur les mêmes niveaux de cours, le Stoxx600 d’aujourd’hui est 12% plus élevé qu’il y a vingt ans et le Dax allemand, si on le regarde comme le CAC40 i.e. sans tenir compte des dividendes, est 15% au-dessus des niveaux de l’an 2000. Certes les indices américains font très nettement mieux, mais les indices japonais ou italiens sont, eux, nettement plus bas qu’ils ne l’étaient au début du millénaire. Par ailleurs, la bonne lecture à avoir est celle du total return, qui ajoute les dividendes à la performance boursière (méthode officielle de calcul de la valeur du Dax) : ce CAC40-là vaut 14200 points quand il se situait à 8817 le 4 septembre 2000 ce qui signifie qu’il a gagné plus de 60% sur la période et +2.3% en moyenne annuelle. Toujours pas très glorieux, mais nettement plus présentable. Cette présentation permet d’ailleurs de rappeler que le CAC40 a été lancé le 31 décembre 1987 à 1000 points et qu’il affiche donc une performance total return de +8.2% en moyenne annuelle sur les 33 dernières années. Ce chiffre est celui qui autorise les gérants financiers et leur autorité de tutelle à dire qu’investir dans les marchés d’actions permet d’espérer une rentabilité de 6% nets de frais sur longue période avant de rappeler, évidemment, que les performances passées ne préjugent pas des performances à venir… Enfin, les perspectives boursières nous paraissent bien meilleures qu’elles ne l’étaient à l’époque, même si le CAC40 vient de gagner 44% en huit mois. En septembre 2000, il cotait près de 7000 points et son multiple de valorisation (le PER) était de plus de 30 fois les résultats à venir ; l’OAT 10 ans, le taux sans risque émis par la Banque de France, s’affichait alors à…5.4%. Soit une prime de risque de -2%. On admet communément qu’une prime de risque inférieure à +4% est le signe de marchés d’actions onéreux et peu attractifs. En ce début d’été 2021, le PER du CAC40 est de 18.2x, l’OAT ressort à 0.15% et la prime de risque à +5.4% soit précisément sa moyenne des quinze dernières années. Celle du S&P500 américain est inférieure à +3%.

Si l’on ajoute à ces critères quelque peu abscons les qualités intrinsèques des actions, à savoir la liquidité, le rendement du dividende, la protection contre l’inflation et une fiscalité plus avantageuse que jamais, la perspective d’un nouveau record parait bel et bien crédible ; la chasse est ouverte !

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