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Billets d'humeur

Croissance post COVID et marchés d’actions

La pandémie mondiale survenue en mars 2020 a eu pour effet de faire surgir au grand jour une véritable déferlante de destruction créatrice. Il ne s’agit pas d’un phénomène isolé comme celui d’un Kodak chassé par Polaroid, lui-même rendu obsolète par le smartphone, mais d’une nouvelle révolution industrielle amorcée il y a une vingtaine d’années. Celle-ci concerne tous les secteurs de l’économie, à la fois les produits mais aussi les méthodes de travail et les processus de production. Elle affecte tout autant les activités BtoB que BtoC. Elle bouleverse même des secteurs où les notions de gains de productivité étaient étrangères, comme la santé ou l’éducation, deux moteurs essentiels d’une nouvelle croissance.

Toutefois ce phénomène porte en lui sa propre contradiction, qui résulte du comportement naturel des innovateurs. Leur réussite établie, ceux-ci cherchent à la protéger en se constituant des rentes d’innovation, empêchant l’émergence de nouvelles innovations susceptibles de rendre les leurs à leurs tours obsolètes. C’est la raison pour laquelle Schumpeter, le père du concept de destruction créatrice, était si pessimiste quant à l’avenir du capitalisme. Les marchés d’actions lui opposent un optimisme de combat, selon l’expression imagée de Philippe Aghion, qui en décline les ramifications, pour faire en sorte que les rentes que procurent les innovations ne servent pas à en empêcher l’apparition de nouvelles : une politique de l’éducation de meilleure qualité pour le plus grand nombre, une économie plus inclusive par une réduction des inégalités de revenus et de patrimoine, et enfin une politique de la concurrence adaptée à l’ère numérique.

En tout état de cause, les marchés d’actions ne semblent pas convaincus qu’une forme de démantèlement des grandes sociétés technologiques soit une si mauvaise opération pour les investisseurs. Certes leur parcours boursier semble marquer le pas depuis le printemps dernier. Mais est-ce une conséquence de la nouvelle politique de la concurrence initiée par Joe Biden, ou bien la manifestation d’une nécessaire digestion après un parcours boursier étincelant depuis de nombreuses années? Rappelons la réponse de John D. Rockefeller à la question que lui posait Thomas Edison, le fondateur de General Electric, quant aux conséquences d’une scission, dans l’air du temps de l’époque, de la Standard Oil : « Achetez donc du titre », signifiant par là qu’un tel démantèlement serait créateur de valeur. John D. Rockefeller ne faisait qu’anticiper les résultats des études empiriques effectuées quelques cinquante ans plus tard quant à la destruction de valeur des conglomérats par rapport à la somme des valeurs de leurs activités gérées de manière indépendante.

Au fond, les marchés d’actions croient que les régulateurs atteindront peu ou prou leurs objectifs en matière de politique de la concurrence, mais que ceci sera globalement créateur de valeur. En définitive, et notamment depuis la pandémie, les économies empruntent de nouveaux sentiers de croissance scandés par des grappes d’innovations, sources de gains de productivité, qui devraient continuer à entretenir la progression des marchés d’actions.

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