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Revue boursière

Un mois d’avril mouvementé et une hausse des marchés

Le redressement des marchés boursiers s’est poursuivi au mois d’avril, notamment aux Etats-Unis où les indices ont été dopés par les performances des géants du numérique : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (les fameux GAFAM). Du 27 mars au 24 avril, le Nasdaq a progressé de 15%, le S&P 500 de 11,6% le DAX de 7,3%, le MSCI marchés émergents de 4,4%, le CAC de 1%. Seul le Nikkei a légèrement baissé de 0,7%. Sur les marchés obligataires, les rachats d’actifs par les banques centrales ont maintenu les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas. Sur les marchés de matières premières, l’évènement du mois a été le nouvel effondrement des cours du pétrole, la baisse étant accélérée par la quasi-saturation des capacités de stockage. C’est ainsi que l’échéance livraison mars du WTI est tombée à -37 dollars ! Sur le marché des changes l’euro a baissé contre toutes monnaies (2,8% contre dollar). Sur le marché de l’or, l’once de métal jaune a progressé de 5,9% en dollar et donc de près de 9% en euro.

Si la hausse des marchés boursiers peut surprendre, alors que l’économie mondiale est quasiment à l’arrêt, elle s’explique par le fait que, si la crise actuelle est sans précédent, la réponse apportée par les Etats et les banques centrales l’est également. En annonçant qu’elles étaient prêtes à mobiliser des milliers de milliards de dollars, d’euros, de yen, etc. pour faire face à la crise, les banques centrales ont d’abord réussi, dans un premier temps, à stabiliser les marchés et éviter l’effondrement du système financier. En intervenant massivement sur les marchés obligataires, elles ont aussi permis aux Etats de continuer à s’endetter massivement, et à des taux d’intérêt proche de 0%, pour financer leurs programmes de soutien à l’économie et à l’emploi. Enfin, et peut être surtout, cette action concertée des Etats et des banques centrales rend crédible le scénario d’une sortie de récession dès le second semestre de 2020. On peut penser en effet que les plans de relance attendus pour septembre seront eux aussi d’une ampleur inédite. Tablant sur un retour de la croissance dès 2021, nombre d’investisseurs considèrent donc que le niveau de valorisation actuel des actions est attrayant, d’autant plus que la crise a eu pour effet de faire baisser encore le rendement des placements monétaires et obligataires. Mais cette approche optimiste des choses suppose aussi un reflux décisif de l’épidémie qui n’est pas encore acquis.

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